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A propos de Wado

 

Dominik WAUTHY (Wado,dit)

Les Ruelles 2A

5530 Spontin (Belgique)

+32 495 51 55 90

 e-mail : mailwado@gmail.com

 

Je suis né le 7 juin 1963 à Kinshasa, Congo. Mes parents y travaillaient comme coopérants pour le gouvernement belge. Je suis revenu très jeune d’Afrique mais elle m’a marqué au plus profond. Odeurs, bruits, couleurs, contrastes, mystères, brutalité … J’y retourne régulièrement.

 

Enfant, j’ai suivi mes parents dans un nombre incalculable de musées d’art à travers l’Europe. J’étais fasciné par la peinture des grands maîtres : Le Caravage, Goya, puis Francis Bacon, Picasso… Cours de dessin, de peinture à l’adolescence, mais sans y trouver grand intérêt.

  

Puis j’ai suivi un temps un autre chemin. J’ai travaillé plus de 15 ans dans le monde des affaires…J’ai aussi beaucoup voyagé. Alors j’ai stocké le monde sur mes neurones. J’ai emmagasiné des millions d’images, de regards perdus, abîmés, de silences violents, de combats sourds en eaux troubles. J’ai cherché à voir ce qui est caché, à entendre ce que l’on ne dit pas. Le monde n’est pas que sur les écrans de télé, ni sur le papier glacé des magasines. Il est dans les gares, les aéroports, les salles d’attente des hopitaux, les prisons, les banlieues pourries, les salons feutrés des conseils d’administration…

 

En 2004 j’ai décidé de me consacrer réellement à la peinture, que je considère comme mon moyen d’expression privilégié. C’était une renaissance. Ma peinture est avant tout un acte de combat, de rébellion. Rébellion contre notre condition de mortel, combat contre le monde, son hypocrisie, son formatage, son obscurantisme grandissant. La signature de ce combat est picturalement représentée par un petit personnage agité, que j’appelle le guerrier Wado, et que je restitue de toile en toile par pochoir.

 

Je n’ai aucun projet pictural précis lorsque j’entame le travail. Il s’agit d’un échange entre mon cerveau et la toile, avec ma main comme outil de transmission. La toile prend vie avec cet échange pour aboutir à une sorte particulière d’être autonome. Certains disent que je peins des masques, alors que je pense plutôt restituer ce qu’il y a réellement derrière les masques que les humains portent et qu’ils appellent « figure », ou « visage ». Un autre a dit que je déterre des crânes à qui je rends un semblant de vie en les parant de couleurs. J’aime assez cette image.

 

Je n’ai en aucun cas l’intention de peindre quelque chose de beau, d’agréable à regarder, rejetant par principe toute idée d’académisme. Je considère la création artistique comme une quête, un exercice de liberté totale, sans limite, une manière de faire passer ma vision du monde. C’est cela aussi le sens du combat. Les grands, les vrais artistes avant nous nous ont fait ce cadeau de nous montrer la voie.

 

EXPOS

- "Les jours incertains" , exposition personnelle à la Galerie EPHEMERE à Montignies-le-Tilleul (Belgique), du 26/02/2005 au 03/04/2005

- " L'envers du décor ", exposition personnelle à l'espace Berhin, Namur, Octobre et Novembre 2005

Exposition personnelle WADO à l'Espace Mottin à Hannut (Belgique) du 03/03/2006 au 30/03/2006, sous l'invitation d' Alain Bronckart

- Exposition personnelle à la Galerie Art' et Miss à Paris (France) du 16/03/2006 au 31/03/2006. 16, rue Sainte Anastase Paris 3ème (Marais)

- Exposition  personnelle à la Galerie CAMAVER à LECCO (Italy), du 17/06/2006 au 07/07/2006.

- Exposition personnelle au Cercle Munster à Luxembourg. WADO : NEWS FROM THE BORDER LINE. Septembre 2006

- Exposition personnelle à l'Espace Berhin à Namur. Janvier 2007.

- Exposition collective au RADART SHOW à Barcelone. Décembre 2007.

- Exposition collective à Bordeaux. Septembre 2008. LES PEINTRES DE L'AGONIE. Organisation LA GARLERIE ROUGE

- " Vivre ici..." : Exposition personnelle à la Maison Blanche à Namur. Novembre 2008

- Exposition personnelle à la galerie ARTEMPTATION, avenue Louise à Bruxelles. mars 2009

Presse 

- AZART Magazine N° 32 mai 2008, par Gérard Gamand :

Nous arrivons sous des bourrasques de neige et de grésil, alors qu’il y a quelques instants le soleil nous aveuglait. A quelques jours du printemps, nous subissons les avatars de ces fameuses giboulées de mars. Le petit village ardennais de Spontin, est construit autour d’un château médiéval aujourd’hui à l’abandon. Il faut dire que son propriétaire y a été assassiné, il y a quelques années, pour un litige de quelques centaines d’euros… Les héritiers ont prudemment refusé ce fardeau, dont les toitures doivent bien couvrir un hectare.

 

C’est à la lisière du village que le peintre belge WADO s’est installé il y a une quinzaine d’années. Il habite une maison ultra-contemporaine aux larges baies vitrées s’ouvrant sur la campagne. Parquet clair et murs blancs, vastes espace design et toiles de l’artiste au mur. Lui, brun, sympa, « cool » comme on dit, nous accueille avec un grand sourire. Nous avions remarqué sa peinture il y a peu de temps, et avions aussitôt décidé de vous la présenter. C’est l’intérêt majeur de la liberté absolue dont nous jouissons ; un artiste nous plaît, nous fonçons le rencontrer. Pas besoin d’en référer à quiconque, pas besoin d’obtenir l’aval des réseaux de l’art officiel, pas besoin d’attendre qu’il soit « à la mode ». Cela n’a pas de prix, ou plutôt si, c’est celui de la passion et de l’indépendance. Comme vous le savez, nous y sommes farouchement attachés.

 

Mais revenons à WADO. Il est né au Congo ex-belge, en 1963 à Kinshase. Le pays venait juste de gagner son indépendance et était en proie aux violences des sécessions katangaises de Moïse Tchombé, des assassinats de Patrice Lumumba, et quelques temps plus tard, au coup d’Etat du Colonel Mobutu. Bref, une histoire explosive. La famille ne restera pas longtemps dans cette poudrière, mais notre artiste en gardera à jamais le souvenir des odeurs, des couleurs, des contrastes, des mystères, des brutalités de ce continent. Il y retourne du reste régulièrement. Ses parents, grands amateurs d’art, l’emmenèrent dans toute l’Europe visiter les musées. Il fut très tôt confronté aux Caravage, Goya et autres pionniers de l’Expressionnisme. Tout naturellement il fut inscrit dans une académie, mais ce n’était pas le bon « timing ». Il ne s’y intéressa guère.

 

S’éloignant alors du monde de l’art, il plongea dans le monde du business. Cadre dynamique dans l’informatique, il a vu de l’intérieur toutes les violences d’une société obnubilée par les profits et les parts de marché. Il a énormément voyagé pour son job, connu les emplois du temps saturés, les aéroports, la vie qui file entre les doigts sans qu’on y prenne garde ? Il a vu l’humain écarté, broyé, essoré, jeté. Il a vu l’émergence du culte des marques. « Quand je retourne en Afrique et que je vois de pauvres gamins abandonnés, enfants soldats souvent, arborer avec fierté un jean griffé par une grande marque, j’ai honte de ce que nous sommes en train de faire… ». Et puis un jour, la corde casse. Il ne supporte plus les écrans de télévision qui passent en boucle, jusqu’à la saturation, jusqu’à l’écoeurement, les mêmes sujets people, les mêmes informations au goût malsain du sensationnalisme. Les magazines aux créatures de rêve, sont devenus des cauchemars. Il découvre que le monde représenté n’existe pas, tout simplement. Il ne supporte plus le cynisme glacé du capitalisme sauvage. Il crie STOP ! Il décide de quitter le navire, il jette la cravate aux orties, quitte ce monde. Définitivement. Il plonge alors dans la peinture. Il s’installe un atelier dans une maiso non occupée. Il peint jusqu’à l’épuisement des toiles sombres, des tableaux noirs aux profondeurs abyssales. Il y convoque des morts, il dialogue presque avec l’au-delà. On y voit toute sa détresse. Il faut que ça sorte. Il a enfin retrouvé le chemin de sa rédemption. Lentement, il va se reconstruire.

 

Toile après toile, il va exprimer sa rébellion par une peinture qui vient du fond des tripes. Expressionniste ? Oui bien sûr puisqu’elle est un cri. Un hurlement contre le formatage des esprits, contre la montée désespérante de l’obscurantisme, contre la spéculation névrotique des banques, contre le saccage des dernières ressources de la planète. Son sujet c’est l’Homme. L’Homme dans sa souffrance, dans sa misère, dans sa désespérance. Mais aussi l’homme dans sa capacité à la transcendance. Petit à petit, il progresee dans son travail. Il trouve une écriture personnelle dans la douleur des affres de la création.

 

Un jour, il a ramené une toile chez lui. Sa femme a été impressionnée et l’a alors encouragé à montrer son travail. « Je ne connaissais pas du tout le monde des galeries. C’était un univers qui m’était totalement étranger. Un jour j’ai lu une interview d’un rand collectionneur, je lui ai écrit et un mis plus tard, l’une de ses conseillères artistiques m’a encouragé. C’est comme cela que j’ai pu faire une première exposition du côté de Charleroi. Le public de la bourgeoisie locale fut choqué par ma vision du monde. Trop violente, trop tourmentée, trop aggressive. – Mais il doit être fou cet artiste ! – Il faut dire que je ne peignais que depuis 6 mois, et je pense que mon travail n’était pas assez avancé. En quelque sorte c’était trop tôt »

 

Sa peinture « explore l’envers parce que l’endroit ne le rassure plus » , a écrit Michel Ciparisse, ou encore un peu plus loin « il explore l’envers du masque qu’il dissimule encore avec des explosions de couleurs, pour maquiller mes ressentiments d’une société de plus en plus sans repères, dopée à la surenchère des concepts racoleurs, puisant leur genèse entre l’électroménager et le bodybuilding ésotérique ». Nous examinons longuement ses toiles, pour la plupart dans des formats carrés.

Dehors, le soleil est revenu. Il inonde la pièce de séjour. On a le sentiment que ces visages torturés, ces yeux intensément noirs, ces giclements sont là pour nous dire la peur de la mort. C’est pourtant étrangement beau. Il y a un paradoxe entre la violence du propos et la lumineuse esthétique de l’ensemble. Entre la vivacité chromatique et la profondeur de la révolte. C’est coloré, expressif et percutant. Et si c’était cela l’écriture de WADO ?

 

Ce subtil mélange du fond et de la forme, dans la construction d’une œuvre personnelle, à nulle autre comparable. Cela vient peut-être de l’étrange relation qu’il noue avec ses figures ? « Mon cerveau commence par se déconnecter. J’ai besoin de cette phase de silence pendant laquelle je laisse remonter toutes les images que j’ai en moi. C’est brouillon, confus, et à ce stade, je ne sais absolument pas où je vais. Puis émerge la figure d’une créature… Je rentre alors en contact avec la personne qui est en train d’arriver sur la toile. Plus elle prend forme plus le rapport est intense. Il y a un véritable échange qui s’installe. C’est très étrange comme sensation… Et puis il arrive un moment où cette personne me dit – c’est assez – et à cet instant précis je sais qu’il ne faut plus toucher au tableau. La personne est prête à délivrer son message au regardeur. La peinture prend alors tout son sens ».

Tout cela est dit avec une grande douceur. Sa voix est calme, son regard clair.

 

 

 

 

 

 

 



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